Programme Mathématiques Cycle 3 (Cycle 2) |
OBJECTIFS
Les
connaissances et les savoir-faire développés au cycle 3
doivent contribuer au développement d'une pensée
rationnelle, à la formation du citoyen, et permettre de
bénéficier au mieux de l'enseignement donné au
collège. Ce triple impératif concerne aussi bien les
connaissances que doivent acquérir les élèves
que leur capacité à les mobiliser, de façon
autonome, pour résoudre des problèmes.
La résolution
de problèmes est au centre des activités mathématiques
et permet de donner leur signification à toutes les
connaissances qui y sont travaillées : nombres entiers et
décimaux, calcul avec ces nombres, approche des fractions,
objets du plan et de l'espace et certaines de leurs propriétés,
mesure de quelques grandeurs.
Les situations sur lesquelles
portent les problèmes proposés peuvent être
issues de la vie de la classe, de la vie courante, de jeux, d'autres
domaines de connaissances ou s'appuyer sur des objets mathématiques
(figures, nombres, mesures...). Elles sont présentées
sous des formes variées : expérience concrète,
description orale, support écrit (texte, document, tableau,
graphique, schéma, figure).
Au travers de ces activités,
le développement des capacités à chercher,
abstraire, raisonner, prouver, amorcé au cycle 2, se poursuit.
Pour cela, il est nécessaire de prendre en compte les
démarches mises en oeuvre par les élèves, les
solutions personnelles qu'ils élaborent, leurs erreurs, leurs
méthodes de travail, et de les exploiter dans des moments de
débat. Au cycle 3, les élèves apprennent
progressivement à formuler de manière plus rigoureuse
leurs raisonnements, s'essaient à l'argumentation et à
l'exercice de la preuve.
Dans les moments de réflexion
collective et de débat qui suivent le traitement des
situations, l'usage ordinaire de la langue orale et les formulations
spontanées des élèves prévalent. Ils sont
toutefois complétés par le recours à un lexique
et à des formulations spécifiques, nécessaires à
la rigueur du raisonnement. Une attention particulière doit
être portée aux difficultés de lecture des
énoncés que rencontrent de nombreux élèves
afin, d'une part, de ne pas pénaliser les élèves
dont l'autonomie face à l'écrit est insuffisante,
d'autre part, de travailler les stratégies efficaces de
lecture de ces types de textes. L'écriture comporte, en
mathématiques, différentes formes qui doivent être
progressivement distinguées : écrits pour chercher,
écrits pour communiquer une démarche et un résultat,
écrits de référence.
L'élaboration des
connaissances se réalise au travers de la résolution de
problèmes, leur maîtrise nécessite des moments
d'explicitation et de synthèse, et leur efficacité est
conditionnée par leur entraînement dans des exercices
qui contribuent à leur mémorisation.
La diffusion
maintenant généralisée des calculatrices rend
moins nécessaire la virtuosité des élèves
dans les techniques opératoires (calcul posé), dont on
attend seulement qu'elles permettent de renforcer la compréhension
des opérations. L'apprentissage des techniques opératoires
fournit une occasion de renforcer la compréhension de
certaines propriétés des nombres et des opérations.
Le calcul mental sous toutes ses formes (résultats mémorisés,
calcul réfléchi) occupe la place principale et
accompagne l'usage intelligent d'une calculatrice
ordinaire.
L'enseignement des mathématiques doit intégrer
et exploiter les possibilités apportées par les
technologies de l'information et de la communication : calculatrices,
logiciels de géométrie dynamique, logiciels
d'entraînement, toile (pour la documentation ou les échanges
entre classes), rétroprojecteur (pour les moments de travail
collectif).
Le document d'application précise et développe,
pour chaque contenu, les compétences élaborées
au cours du cycle, apporte un éclairage sur les modalités
d'apprentissage et donne des pistes d'activités pédagogiques.
Il constitue un complément indispensable pour la mise en
oeuvre du présent programme.
PROGRAMME
1 -
Exploitation de données numériques
Ce
domaine recouvre l'ensemble des problèmes dans lesquels les
nombres et le calcul interviennent comme outils pour traiter une
situation, c'est-à-dire pour organiser, prévoir,
choisir, décider :
- problèmes résolus en
utilisant les connaissances sur les nombres naturels et décimaux
et sur les opérations étudiées ;
- problèmes
relevant de la proportionnalité, résolus en utilisant
des raisonnements personnels appropriés ;
- utilisation de
données organisées en listes, en tableaux, ou
représentées par des diagrammes, des graphiques.
Le
raisonnement y occupe une place importante, en particulier dans la
résolution de problèmes relevant de la
proportionnalité.
Ce qu'on appelle traditionnellement le
"sens des opérations" doit être au centre des
préoccupations. Les problèmes ne se limiteront pas à
ceux qui peuvent se résoudre à l'aide d'une seule
opération : des problèmes nécessitant le
recours, explicite ou non, à des étapes intermédiaires
seront également proposés. Selon les problèmes
proposés, selon la maîtrise qu'il a des connaissances en
jeu, l'élève aura recours à des procédures
expertes ou élaborera des procédures personnelles de
résolution.
Des situations relevant de la proportionnalité
sont proposées et traitées en utilisant des
raisonnements personnels, adaptés aux données en jeu
dans la situation et aux connaissances numériques des élèves
(voir les exemples fournis dans le document d'application). Les
élèves distingueront ces situations de celles pour
lesquelles ces raisonnements ne sont pas pertinents (situations de
non-proportionnalité). Ces procédures de résolution
concernent également les problèmes relatifs aux
pourcentages, aux échelles, aux vitesses moyennes et aux
conversions entre unités de longueur, de masse, de contenance,
de durée ou d'aire qui trouvent leur place sous cette
rubrique. À partir de cette première approche dont
l'importance ne doit pas être sous-estimée, l'étude
organisée de la proportionnalité sera mise en place au
collège.
Les élèves sont également
confrontés à la lecture, à l'interprétation
critique et à la construction de divers modes de
représentation (listes, tableaux, diagrammes, graphiques), à
partir de données effectives : enquêtes, mesurages en
sciences, documents d'actualité. Au-delà d'une première
maîtrise de ce type d'outils, on cherche à mettre en
lumière le fait que l'interprétation de l'information
dont ils rendent compte doit être faite avec vigilance : selon
les graduations choisies, les mêmes données peuvent, par
exemple, donner l'impression d'une forte ou d'une faible
croissance.
2 - Connaissance des nombres entiers
naturels
Les connaissances relevant de ce domaine doivent
être bien maîtrisées à la fin de l'école
primaire. L'étude organisée des nombres se limite aux
nombres de la classe des millions, mais des nombres plus grands
peuvent être rencontrés. À la fin du cycle 3, les
élèves doivent maîtriser la lecture et l'écriture
des nombres entiers naturels. Ils doivent comprendre les principes de
la numération décimale, en particulier que la valeur
des chiffres dépend de leur position dans l'écriture
des nombres, en relation avec les activités de groupements et
d'échanges qui la sous-tendent.
Ils doivent également
maîtriser la comparaison et le rangement de ces nombres et
avoir travaillé sur le placement exact ou approché de
nombres sur une droite graduée, en relation avec la
proportionnalité. Le travail sur les graduations sera
réinvesti ensuite dans l'étude des nombres
décimaux.
Une bonne maîtrise des relations entre des
nombres d'usage fréquent permet de structurer le domaine
numérique. Elle fournit des points d'appui pour le calcul
mental, notamment pour le calcul approché ,et constitue une
première approche de l'arithmétique qui sera poursuivie
au collège.
Les connaissances relatives aux nombres entiers
naturels concernent :
- la numération décimale :
valeur des chiffres en fonction de leur position, suites de nombres
;
- les désignations écrites (en chiffres et en
lettres) et parlées des nombres ;
- la comparaison et le
rangement de nombres, le placement de nombres sur une droite graduée
;
- les relations arithmétiques entre les nombres :
doubles, moitiés, quadruples, quarts, triples, tiers...,
notamment entre nombres d'usage courant, la notion de multiple
(multiples de 2, 5 et 10).
3 - Connaissance des fractions
simples et des nombres décimaux
Au cycle 3, les
élèves mettent en place une première maîtrise
des fractions et des nombres décimaux : compréhension
de leurs écritures, mise en relation des écritures à
virgule avec des sommes de fractions décimales, comparaison
des nombres décimaux, utilisation de graduations. Leur étude
sera poursuivie au collège.
Les fractions et les nombres
décimaux doivent d'abord apparaître comme de nouveaux
nombres, utiles pour traiter des problèmes que les nombres
entiers ne permettent pas de résoudre de façon
satisfaisante : problèmes de partage, de mesure de longueurs
ou d'aires, de repérage d'un point sur une droite. Les
fractions sont essentiellement introduites, au cycle 3, pour donner
du sens aux nombres décimaux.
La compréhension des
nombres décimaux est favorisée par la comparaison de
certaines de leurs propriétés avec celles des nombres
entiers : la notion de "nombres consécutifs" a du
sens avec les nombres entiers, elle n'en a plus avec les nombres
décimaux, intercaler un nombre entre deux décimaux est
toujours possible (ce qui n'est pas vrai pour deux nombres entiers),
le nombre de chiffres de l'écriture décimale est un
critère de comparaison de deux nombres entiers et ne l'est
plus pour deux nombres décimaux.
Concernant les écritures
à virgule des nombres décimaux, les élèves
doivent comprendre que la valeur d'un chiffre dépend de sa
position : cette valeur se définit notamment par rapport à
l'unité (le dixième et le centième représentent
dix fois moins et cent fois moins que l'unité) et par rapport
à celle des chiffres voisins (le centième représente
dix fois moins que le dixième).
Dans les situations où
des décimaux sont utilisés, on rendra les élèves
attentifs au choix des décimales pertinentes.
Les
connaissances relatives aux fractions et aux nombres décimaux
concernent :
- les fractions simples : utilisation, écriture,
encadrement entre deux nombres entiers successifs, écriture
comme somme d'un entier et d'une fraction inférieure à
1 ;
- les nombres décimaux : utilisation, valeur des
chiffres en fonction de leurs positions dans une écriture à
virgule, passage de l'écriture à virgule à une
écriture fractionnaire (fractions décimales) et
inversement, suites de nombres décimaux, lien entre
désignations orales et écritures chiffrées ;
-
la comparaison, le rangement, l'intercalation, l'encadrement de
nombres décimaux, leur placement sur une droite graduée
;
- la valeur approchée d'un décimal à
l'unité près, au dixième près, au
centième près.
4 - Calcul
Dans ce
domaine, les compétences en calcul mental (résultats
mémorisés, calcul réfléchi exact ou
approché) sont à développer en priorité.
Pour cela, une bonne connaissance des tables est indispensable. Elle
suppose de savoir fournir aussi bien un résultat direct (somme
ou produit) qu'un résultat dérivé (complément
et différence, facteur d'un produit ou quotient). Le calcul
réfléchi implique la mise en oeuvre de procédures
personnelles, adaptées à chaque calcul particulier :
elles peuvent être uniquement mentales ou s'appuyer sur un
écrit. L'explicitation et l'analyse, par les élèves,
des raisonnements utilisés constituent un moment important de
cet apprentissage. Le travail sur le calcul approché commence
au cycle 3. Il doit être utilisé dans des situations où
les élèves peuvent lui donner du sens, par exemple :
contrôle d'un résultat obtenu par écrit ou à
l'aide d'une calculatrice, moyen de décider dans une situation
où le résultat exact n'est pas nécessaire.
Les
techniques opératoires usuelles sont mises en place sur des
nombres d'usage courant, en s'attachant à assurer une bonne
compréhension des étapes du calcul. Elles ne doivent
pas faire l'objet d'une recherche de virtuosité excessive.
Les
élèves doivent être capables d'utiliser des
calculatrices comme moyen ordinaire de calcul (par exemple, dans la
résolution de problèmes qui ne peuvent pas être
traités mentalement) et maîtriser certaines de leurs
fonctionnalités.
Les connaissances relatives au calcul
concernent :
- la mémorisation de résultats sur les
nombres entiers et décimaux (voir la rubrique compétences)
;
- les techniques opératoires : addition, soustraction de
nombres entiers ou décimaux, multiplication de deux nombres
entiers ou d'un nombre décimal par un nombre entier, division
euclidienne de deux nombres entiers (quotient entier et reste) ;
-
le calcul réfléchi exact ou approché :
organisation et traitement de calculs (mentalement ou avec l'aide de
l'écrit), ordre de grandeur d'un résultat ;
-
l'utilisation de calculatrices et la maîtrise de certaines de
leurs fonctionnalités.
5 - Espace et
géométrie
L'objectif principal est de
permettre aux élèves d'améliorer leur "vision
de l'espace" (repérage, orientation), de se familiariser
avec quelques figures planes et quelques solides et de passer
progressivement d'une géométrie où les objets et
leurs propriétés sont contrôlés par la
perception à une géométrie où ils le sont
par explicitation de propriétés et recours à des
instruments. Les activités du domaine géométrique
ne visent pas des connaissances formelles (définitions), mais
des connaissances fonctionnelles, utiles pour résoudre des
problèmes dans l'espace ordinaire, dans celui de la feuille de
papier ou sur l'écran d'ordinateur, en particulier des
problèmes de comparaison, de reproduction, de construction, de
description, de représentation d'objets géométriques
ou de configurations spatiales (notamment, représentations
planes de solides). Si les compétences attendues en fin de
cycle ne concernent que quelques figures et solides, les problèmes
proposés portent sur d'autres objets : quadrilatères
particuliers tels que le trapèze, le "cerf-volant",
le parallélogramme ; solides tels que le prisme, la pyramide,
la sphère, le cylindre, le cône.
La notion
d'agrandissement ou de réduction de figures fait l'objet d'une
première étude, en liaison avec la proportionnalité,
et conduit à une approche de la notion d'échelle.
Les
connaissances relatives à l'espace et à la géométrie
concernent :
- le repérage de cases ou de points sur un
quadrillage ;
- l'utilisation de plans et de cartes ;
- les
relations et propriétés géométriques :
alignement, perpendicularité, parallélisme, égalité
de longueurs, symétrie axiale, milieu d'un segment ;
-
l'utilisation d'instruments (règle, équerre, compas) et
de techniques (pliage, calque, papier quadrillé) ;
- les
figures planes (en particulier : triangle et ses cas particuliers,
carré, rectangle, losange, cercle) : reconnaissance,
reproduction, construction, description, décomposition d'une
figure en figures plus simples ;
- les solides (en particulier :
cube, parallélépipède rectangle) :
reconnaissance, reproduction, construction, description,
représentations planes (patrons) ;
- l'agrandissement et la
réduction de figures planes, en lien avec la
proportionnalité.
6 - Grandeurs et
mesure
L'essentiel des activités concerne la
résolution de problèmes "concrets", réels
ou évoqués, en utilisant des procédés
directs, des instruments de mesure, des estimations ou des
informations données avec les unités usuelles. Les
activités scientifiques et technologiques fournissent un champ
d'application privilégié pour ce domaine.
Certaines
grandeurs (longueurs, masses, volumes sous l'aspect contenances,
durées) ont fait l'objet d'une première approche au
cycle 2. Les connaissances élaborées sont complétées
et structurées au cycle 3, en particulier à travers la
maîtrise des unités légales du système
métrique ou sexagésimal (pour les durées) et de
leurs relations.
La notion d'aire est mise en place, notamment par
des activités de classement et rangement de surfaces qui
précèdent les activités de mesurage avec une
unité choisie. L'étude des aires se prolonge au
collège.
De la même façon, concernant les
angles, les activités de classement et de rangement d'angles
précèdent les activités de mesurage en degrés,
qui relèvent du collège. Les élèves
doivent, en particulier, prendre conscience du fait que les longueurs
des "côtés" n'ont aucune incidence sur le
résultat de la comparaison des angles.
Les connaissances
relatives aux grandeurs et à leur mesure concernent :
- les
longueurs, les masses, les volumes (contenances) : mesure de ces
grandeurs (utilisation d'instruments, choix approprié de
l'unité), estimation (ordre de grandeur), unités
légales du système métrique (mètre,
gramme, litre, leurs multiples et leurs sous-multiples), calcul sur
des mesures exprimées à l'aide de ces unités ;
-
le périmètre d'un polygone ;
- les aires :
comparaison de surfaces selon leurs aires, différenciation de
l'aire et du périmètre, mesure d'aires à l'aide
d'une unité donnée, unités usuelles (cm2, dm2,
m2, km2) et leurs relations ;
- l'aire d'un rectangle ;
- les
angles : comparaison, reproduction ;
- le repérage du temps
et les durées : lecture de l'heure, unités de mesure
des durées (année, mois, semaine, jour, heure, minute,
seconde) et leurs relations ;
- le calcul de la durée
écoulée entre deux instants donnés.