OBSERVATION RÉFLÉCHIE DE LA LANGUE FRANÇAISE - Cycle 3
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L'observation réfléchie de la langue française conduit les
élèves à examiner des productions écrites
comme des objets qu'on peut décrire, et dont on peut définir
les caractéristiques. Ils comparent des éléments
linguistiques divers (textes, phrases, mots, sons, graphies...) pour
en dégager de façon précise les ressemblances et
les différences. À cet égard, l'observation
réfléchie de la langue française doit être
un moment de découverte visant à développer la
curiosité des élèves et leur maîtrise du
langage, et non une série d'exercices répétitifs
mettant en place des savoirs approximatifs et l'usage prématuré
d'une terminologie inutilement complexe.
Les connaissances
acquises dans les séquences consacrées à la
grammaire sont essentiellement réinvesties dans les projets
d'écriture (quel que soit l'enseignement concerné).
Ceux-ci peuvent servir de supports à de nouvelles observations
des phénomènes lexicaux, morphosyntaxiques, syntaxiques
ou orthographiques. La familiarisation acquise avec les structures de
la langue permet aussi de résoudre certains problèmes
de compréhension face à des textes plus complexes.
Pour
faciliter cette observation, quelques techniques d'exploration du
langage doivent être régulièrement utilisées
:
- classer (des textes, des phrases, des mots, des graphies) en
justifiant les classements réalisés par des indices
précis ;
- manipuler des unités linguistiques (mots,
phrases, textes), c'est-à-dire savoir effectuer certaines
opérations de déplacement, remplacement, expansion,
réduction, d'où apparaîtront des ressemblances et
différences entre les objets étudiés.
PROGRAMME
1
- Le verbe et le nom dans la phrase et dans le texte
Dans
la phrase française comme dans la plupart des langues, le
verbe et le nom sont les points d'articulation des principaux
phénomènes syntaxiques. Leur identification permet
d'entrer dans la construction de la phrase ou du texte et de
comprendre qu'elle n'est pas une simple succession de mots. Leur
manipulation met en évidence les liens qu'ils entretiennent
avec tous les autres composants de l'énoncé.
Cette
première prise de conscience du rôle du verbe et du nom
dans la structuration de l'énoncé est complétée
par la découverte des phénomènes qui donnent
leur cohérence et leur cohésion aux textes, en
particulier aux textes narratifs.
1.1
Le verbe (grammaire, conjugaison, orthographe)
Le
verbe est identifié dans une phrase en repérant les
modifications qui peuvent l'affecter (personne, nombre, temps...) ou
les éléments qui peuvent l'entourer (la négation,
le nom ou le pronom sujet...). L'élève ne doit pas être
conduit à imaginer qu'il existe une procédure
automatique pour découvrir le verbe. Il doit être au
contraire familiarisé avec l'idée qu'il ne peut s'agir
que du constat de critères convergents.
On découvre
les particularités de sa syntaxe en repérant que chaque
verbe implique l'usage de certains compléments à
l'exclusion d'autres et que le sens de l'énoncé se
modifie lorsqu'on utilise un même verbe sans complément
ou avec des types de compléments différents (par
exemple : jouer, jouer à, jouer de...).
Les jeux
(déplacement, substitution, expansion, réduction) sur
quelques expansions du verbe (adverbes, compléments...)
permettent de développer une plus grande flexibilité
lors de la mise en mots dans les projets d'écriture et de
renforcer la compréhension des textes.
L'orthographe du
verbe concerne essentiellement l'accord avec le sujet. Elle suppose
que cette relation soit bien perçue par l'élève
et qu'il sache mobiliser son attention pour marquer l'accord dans
toutes les activités d'écriture (y compris d'écriture
sous la dictée), du moins lorsque la construction est
régulière. Une première approche des homophones
grammaticaux comme et/est ; ces/ses/s'est/c'est ; a/à ; etc.
(dont la plupart concerne des verbes) vient compléter ce
travail orthographique.
La conjugaison est, au cycle 3, centrée
sur l'observation des variations qui affectent les verbes. Les règles
d'engendrement du présent, du passé composé, de
l'imparfait, du passé simple, du futur, du conditionnel et du
présent du subjonctif peuvent être aisément
dégagées, ainsi que les régularités
orthographiques qui les caractérisent (les formes rares seront
étudiées au collège). Les verbes les plus
fréquents sont étudiés en priorité.
Une
première réflexion sur les temps verbaux permet
d'opposer l'expression verbale du "une fois" à celle
du "toujours". L'approche des diverses manières de
situer et de caractériser les événements dans le
passé par l'emploi des divers temps verbaux se fait dans la
narration.
1.2 Le nom (grammaire,
orthographe)
Le nom peut être
identifié dans une phrase par ses variations (en nombre et en
genre) et par les éléments qui l'entourent
(essentiellement les déterminants et les expansions).
En
comparant les différentes déterminations du nom
(articles, déterminants possessifs, démonstratifs,
indéfinis), on peut, en particulier, distinguer celles qui
renvoient à un individu et celles qui renvoient à toute
une classe.
Les jeux (déplacement, substitution, expansion,
réduction) sur les différentes expansions du nom
(adjectif qualificatif, relative, complément du nom)
permettent de développer l'agilité de l'élève
dans les projets d'écriture et d'affermir sa compréhension
des textes.
Le repérage des chaînes d'accord dans le
groupe nominal est une condition essentielle de la maîtrise de
l'orthographe grammaticale. L'élève doit apprendre à
mobiliser son attention pour marquer l'accord lorsqu'il écrit
(y compris sous la dictée).
Les mêmes phénomènes
pourront être identifiés dans la langue étrangère
ou régionale étudiée par ailleurs.
2 -
Quelques phénomènes grammaticaux portant sur le
texte
La fermeté du choix énonciatif
présidant à la production d'un texte est une conquête
difficile pour les élèves de l'école primaire et
reste à cet âge plus implicite que réfléchie.
Au cycle 3, il suffit de rendre les élèves sensibles
aux ruptures qui surviennent dans leurs productions et à les
conduire à rétablir l'homogénéité,
en particulier dans les textes narratifs, mais aussi dans les projets
d'écriture qui interviennent dans les différents
domaines.
Quelques phénomènes peuvent faire l'objet
d'observations réfléchies :
- repérage des
divers substituts d'un nom (pronoms et substituts nominaux) dans un
texte lu et réalisation des substitutions nécessaires
lors d'une activité d'écriture ;
- repérage
des mots de liaison (connecteurs temporels, spatiaux et logiques)
dans un texte lu et choix pertinent de ces mots dans un texte en
cours d'écriture ;
- repérage de la diversité
des temps verbaux dans un texte (en particulier, temps du passé
dans un texte narratif) et choix correct de ces temps dans un projet
d'écriture ;
- repérage des fonctions syntaxiques de
la ponctuation et usage correct du point et, progressivement, de la
virgule.
3 - Vocabulaire et orthographe lexicale
C'est
dans les divers enseignements, et en particulier lors des lectures,
que les élèves augmentent leur vocabulaire. C'est en
écrivant qu'ils en fixent l'orthographe. Les amener à
mobiliser rapidement les éléments lexicaux et les
expressions susceptibles d'être utilisés pour évoquer
un événement de la vie quotidienne, un phénomène
ordinaire, etc., n'est jamais inutile. C'est l'occasion de rassembler
des matériaux utiles pour une prise de parole, un projet
d'écriture.
Une première réflexion sur le
lexique déjà acquis permet, en repérant les
liens qui le structurent, d'en affermir la compréhension et
d'en augmenter la disponibilité, à l'oral comme à
l'écrit. Elle permet aussi de commencer à distinguer le
rôle joué par le lexique dans le choix d'un registre de
langue.
3.1 Activités de
vocabulaire
Parmi tous les
phénomènes qui contribuent à la structuration du
lexique, c'est sur la polysémie des mots et sur la relation de
cette polysémie avec leur contexte d'emploi qu'il convient
d'insister plus particulièrement. On peut aussi commencer à
faire observer aux élèves les phénomènes
de synonymie (dans l'usage des substituts nominaux), les relations
entre mots de sens contraire, les processus de nominalisation (en
particulier dans les textes scientifiques), l'usage des termes
génériques.
Les élèves ont eu
l'occasion de jouer avec des dérivations dès l'école
maternelle. Au cycle 3, il devient possible de les observer de
manière plus réfléchie en opérant des
classifications, en tentant de distinguer ceux d'entre eux qui sont
les plus féconds, la manière dont certaines dérivations
sont exclues par la langue... Un rapprochement avec la langue
étrangère ou régionale étudiée
peut se révéler particulièrement judicieux.
Une
première approche de la définition permet de consolider
l'usage du dictionnaire.
L'identification de l'origine de quelques
mots sensibilise les élèves aux différents
héritages dont le français est tributaire, notamment en
relation avec l'apprentissage de la langue étrangère ou
régionale et l'histoire.
3.2
Maîtrise de l'orthographe lexicale
D'une
manière générale, dans chaque activité
mettant en jeu l'écriture, on conduit les élèves
à utiliser tous les instruments nécessaires
(répertoires, dictionnaires, correcteurs informatiques, etc.)
pour vérifier et corriger l'orthographe lexicale.
Par
ailleurs, on aide les élèves à mémoriser
l'orthographe lexicale des mots les plus fréquents en
effectuant tous les rapprochements nécessaires entre les mots
présentant les mêmes régularités
orthographiques.