MAÎTRISE DU LANGAGE ET DE LA LANGUE FRANÇAISE au Cycle 3 Cycle 2 |
OBJECTIFS
La
maîtrise du langage et de la langue française, dans
leurs usages scolaires, à l'oral comme à l'écrit,
est l'objectif essentiel de l'école primaire. Elle est un
droit pour chaque élève et doit rester un souci
permanent de tous les enseignants du cycle 3. Elle est la base de
l'accès à toutes les connaissances, permet d'ouvrir de
multiples horizons et assure à l'enfant toute sa place de
futur citoyen.
La maîtrise du langage et de la langue
française n'étant jamais définitivement
atteinte, on entend par "maîtrise du langage et de la
langue française dans leurs usages scolaires" l'ensemble
des capacités qui permettent à un élève
de bénéficier pleinement des échanges oraux qui
ont lieu dans la classe à propos de tous les aspects du
programme, de lire en les comprenant les textes supports de toutes
les activités pédagogiques, de se servir de l'écriture
pour organiser les connaissances requises à ce niveau, pour
les mémoriser et pour manifester par écrit ce qui en a
été compris et acquis. Ces capacités ne peuvent
se construire à vide. Elles se mettent en place à
l'occasion d'expériences intellectuelles et culturelles
spécifiques dans l'école, mais aussi à
l'extérieur de celle-ci.
Pendant le cycle 2, l'acquisition
de la lecture et de l'écriture constituait le versant le plus
important de la maîtrise du langage et imposait qu'on y
consacre l'essentiel des activités. Toutefois, on continuait
parallèlement à développer tous les autres
aspects du langage oral dans les grands domaines d'apprentissage et à
nourrir l'élève des connaissances culturelles sans
lesquelles la compréhension de ce qu'il lit demeurerait bien
trop limitée.
Au cycle 3, aucun des différents
aspects de la maîtrise du langage oral et écrit ne doit
être négligé. En particulier, le fait qu'une
grande majorité des élèves soient parvenus à
une première autonomie en lecture ne doit en aucun cas
conduire à omettre d'en poursuivre l'enseignement de manière
spécifique. On doit veiller à obtenir une véritable
articulation entre la compréhension de textes de plus en plus
complexes et de plus en plus variés et la reconnaissance des
mots qui, progressivement, s'automatise. Afin d'éviter toute
dispersion, ce sont les textes d'une culture scolaire, entendue dans
son véritable sens de "culture devant être
obligatoirement partagée par tous les élèves
avant la fin de la scolarité primaire", qui sont
privilégiés. Elle est définie par les programmes
et orientée par de larges listes d'œuvres proposées
dans les documents d'application.
L'un des dangers majeurs des
pédagogies de la lecture et de l'écriture de l'école
primaire est d'isoler les textes rencontrés (ou produits) du
contexte qui est le leur et de conduire les élèves à
croire que la lecture ou l'écriture ne sont que des exercices.
Un autre danger est celui qui fait négliger les entraînements
nécessaires en se satisfaisant des résultats obtenus
par les meilleurs élèves.
Afin d'éviter l'un
et l'autre, l'enseignement de la lecture et celui de l'écriture
sont d'abord, au cycle 3, rattachés aux grands domaines
disciplinaires définis par le programme. On lit, on écrit
de la littérature, de l'histoire, de la géographie, des
sciences, etc. Pour éviter que l'entraînement, encore
nécessaire à cet âge, ne soit négligé,
chacun de ces domaines disciplinaires comporte, dans l'horaire qui
est le sien, des "ateliers" de lecture destinés à
renforcer les compétences de tous les élèves
(stratégies de compréhension, automatisation de la
reconnaissance des mots). Les objectifs de ces ateliers, bien qu'ils
concernent tous les domaines disciplinaires, sont plus
particulièrement détaillés dans le programme du
domaine "Littérature".
Lorsque les évaluations
nationales de CE2 mettent en évidence que certains des enfants
scolarisés dans le cycle des approfondissements sont sortis du
cycle précédent sans avoir encore acquis toutes les
compétences de base de la maîtrise du langage, ils
doivent bénéficier d'un programme personnalisé
d'aide et de progrès (PPAP). Celui-ci comporte des activités
adaptées aux difficultés spécifiques de chaque
élève et s'organise dans le cadre ordinaire de la
classe (par exemple, sous forme d'ateliers mis en place pendant que
les autres élèves sont en activité autonome ou
encore à l'occasion de décloisonnements offrant la
possibilité de participer à des ateliers tournants).
Les élèves concernés ne doivent, en aucun cas,
être exclus des autres apprentissages prévus au
programme du cycle 3 sans lesquels ils ne pourraient comprendre
véritablement ce qu'ils lisent et seraient dans l'incapacité
d'écrire des textes riches et variés.
PROGRAMME
La
maîtrise du langage et de la langue française constitue
l'objectif majeur du programme de l'école élémentaire.
Elle donne lieu à des contenus spécifiques. Mais elle
se construit aussi dans la transversalité de l'ensemble des
apprentissages. Ce sont les compétences visées à
la fin du cycle qui permettent d'organiser le travail : programmation
des activités sur toute la durée du cycle,
structuration de chaque séquence d'apprentissage (découverte
des notions ou des savoir-faire et renforcement des acquis),
évaluation des acquis.
Ces compétences peuvent être
générales ou spécifiques. Les compétences
générales concernent toutes les activités
intellectuelles mises en jeu par l'élève et toutes les
formes de la communication qui s'établissent dans la classe.
Elles sont travaillées dans des "ateliers" organisés
au sein de chacun des domaines disciplinaires : pour introduire une
technique de travail plus exigeante, pour consolider une technique
qui paraît chancelante, pour conduire les élèves
qui n'y sont pas encore parvenus à s'approprier plus fermement
un savoir-faire. Dans ce cas, il ne s'agit en rien d'un travail
occasionnel mais d'un apprentissage organisé et structuré.
Par exemple, prendre la parole devant la classe pour expliquer ce que
l'on a fait ne s'improvise pas. Cela suppose une technique
particulière : quels aspects du travail fait doit-on rapporter
? dans quel ordre ? de quelle manière ? en prenant appui sur
quel type d'aide-mémoire ? Si l'on souhaite que cette prise de
parole soit mise au service des apprentissages, il faut construire
patiemment les savoir-faire concernés. On a des chances d'y
parvenir si l'on ne se contente pas de le faire en mathématiques
ou en sciences. Il faudra donc programmer des séquences de
travail dans plusieurs domaines disciplinaires. L'équipe de
cycle doit établir une programmation qui tienne compte, pour
chaque compétence travaillée, de la hiérarchie
des difficultés (se servir d'un aide-mémoire pour
prendre la parole est plus difficile que se servir d'un aide-mémoire
pour rédiger un petit texte) et de la diversité des
domaines dans lesquels la compétence est découverte,
travaillée, retrouvée, évaluée.
Les
compétences spécifiques visent d'abord à
construire les connaissances et les savoir-faire du domaine
disciplinaire concerné : dire à haute voix un texte
poétique qui a été lu et travaillé, lire
seul et en dehors de la classe une œuvre littéraire, trouver
une information dans une encyclopédie pour apprécier
les conclusions tirées sur les résultats d'une
expérience, écrire la légende d'un document de
géographie, etc. La maîtrise du langage oral ou écrit
est, dans ce cas, très fortement dépendante du domaine
disciplinaire concerné. Elle suppose moins une généralisation
des compétences travaillées qu'une particularisation de
celle-ci (on ne lit pas un énoncé de mathématiques
comme un compte rendu d'expériences, même si ces deux
textes ont souvent en commun de comporter des données
chiffrées). Les compétences visées relèvent
alors d'une programmation propre au champ disciplinaire.
La
maîtrise du langage est renforcée par un programme de
grammaire conçu comme un exercice de réflexion sur le
fonctionnement du français, en particulier en liaison avec la
production de textes. Le programme de littérature vient, lui
aussi, soutenir l'autonomie en lecture et en écriture des
élèves. Par ailleurs, l'apprentissage d'une langue
étrangère ou régionale donne la possibilité
à ceux qui n'ont pas la chance d'être déjà
plurilingues de prendre une distance par rapport à la langue
nationale et par là d'en mieux comprendre l'usage. Le débat
hebdomadaire consacré à la vie collective sert de champ
d'exercice privilégié pour le débat réglé.