OBJECTIFS
L'éducation
civique, au cycle 3, doit permettre à chaque élève
de mieux s'intégrer à la collectivité de la
classe et de l'école au moment où son caractère
et son indépendance s'affirment. Elle le conduit à
réfléchir sur les problèmes concrets posés
par sa vie d'écolier et ainsi à prendre conscience de
manière plus explicite de l'articulation entre liberté
personnelle, contraintes de la vie sociale et affirmation de valeurs
partagées. Par les connaissances acquises, elle l'engage à
élargir sa réflexion aux autres collectivités :
la commune, la nation, l'Europe et le monde.
L'éducation
civique n'est pas, en priorité, l'acquisition d'un savoir,
mais l'apprentissage pratique d'un comportement. Ce domaine n'est
donc pas lié à un enseignement, mais à tous.
Tout au long du cycle, une heure en moyenne par semaine devra être
consacrée à l'explicitation des problèmes
concernant l'éducation civique dans les différents
champs disciplinaires. De plus, une demi-heure par semaine est
réservée dans l'emploi du temps à l'organisation
des débats dans lesquels la classe organise et régule
la vie collective, tout en passant progressivement de l'examen des
cas singuliers à une réflexion plus
large.
PROGRAMME
1 - Participer pleinement à
la vie de son école
En continuant à
apprendre à débattre avec ses camarades, l'élève
comprend tout ce que la confrontation à autrui apporte à
chacun malgré ses contraintes. Écouter l'autre est une
première forme de respect et d'acceptation de la
différence.
Ce respect de la différence, dans la
mesure où il ne porte pas atteinte aux valeurs universelles
des droits de l'homme, a de multiples autres occasions de s'exercer :
lutte contre les formes quotidiennes de rejet, accueil du nouvel
élève isolé, intégration d'un enfant
handicapé. Les divers champs disciplinaires le renforcent et
en montrent l'intérêt. Ainsi les sciences expérimentales
font mieux comprendre les différences entre garçons et
filles, l'histoire et la géographie ou les arts les
différences culturelles. L'éducation physique oblige à
respecter le concurrent ou l'adversaire.
Si l'éducation
civique ne peut se limiter, comme on le croit trop souvent
aujourd'hui, à une lutte quotidienne contre les actes de
violence, l'école doit demeurer un lieu où toute
agression, même verbale, doit être impérativement
combattue. Lutter contre celle-ci suppose une action de tous les
instants, qui déborde très largement le domaine de
l'éducation civique (littérature, sciences, arts,
éducation physique et sportive...). Une attention toute
particulière est portée aux situations qui peuvent
l'engendrer : mise à l'écart, échec scolaire,
ennui en récréation ou pendant la pause du déjeuner.
Toute situation de violence constatée doit faire l'objet,
lorsqu'elle a été circonscrite, d'une réflexion
individuelle et collective qui en facilite la prévention.
Les
enseignants veillent à ce que les élèves se
sentent responsables des lieux où ils travaillent et
respectent les règles élémentaires de politesse
et de civilité. Au cycle 3, on peut faire comprendre que, même
si elles peuvent varier selon les pays et les cultures et évoluer
d'une époque à l'autre, ces règles ne sont pas
des rituels dépourvus de signification qu'on pourrait
abandonner sans risque : elles facilitent la vie en commun.
Plus
largement, les enseignants font comprendre la signification des
contraintes justifiées de la vie collective par le surcroît
de liberté qu'elles apportent. La petite société
que constitue l'école permet de conduire cette réflexion
de manière concrète dans le cadre des débats
prévus à l'emploi du temps. Le règlement
intérieur et les lois républicaines qu'il met en
application dans l'école doivent y être expliqués
comme une condition indispensable à toute vie collective, pour
les élèves comme pour les adultes. Les règles de
vie de la classe sont élaborées par les élèves
sous la direction du maître. Les difficultés nées
de leur mise en oeuvre sont régulièrement examinées
afin d'en améliorer le fonctionnement et le respect. Ces
débats sont l'occasion d'une mise en pratique de la
communication réglée : ordre du jour, présidence
de séance, compte rendu.
Ces réunions aux quelles
peuvent participer d'autres adultes de la communauté scolaire
sont aussi l'occasion, lorsque des conflits éclatent, de mener
une réflexion approfondie sur ce qui relève de valeurs
pour lesquelles il n'est pas possible de transiger ou, au contraire,
du libre choix de chacun.
2 - Être citoyen dans sa
commune
Les élèves se familiarisent avec
l'institution démocratique la plus proche d'eux, la commune,
par une visite à la mairie et une première découverte
du rôle des élus (maire, conseil municipal) dans les
affaires scolaires et l'amélioration de la vie des
habitants.
3 - Être citoyen en France
À
travers les leçons d'histoire, l'élève comprend
ce que signifie appartenir à une nation démocratique.
La
Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen est
l'occasion d'aborder les articles qui concernent les diverses
expressions de la liberté.
L'installation de la République
au XIXème siècle conduit l'élève à
réfléchir sur la différence entre monarchie et
république et sur l'émergence du suffrage universel. Au
XXème siècle, le "point fort" sur la
Cinquième République doit permettre d'évoquer le
rôle du président de la République et du
gouvernement ainsi que celui du Parlement, sans entrer dans des
détails trop complexes.
L'élève découvre
diverses formes de participation à la vie démocratique
: le vote, l'acceptation de charges électives, l'engagement
dans la vie publique.
Il apprend que, même si la réalité
n'est jamais entièrement conforme à l'idéal,
celui-ci doit continuer à être affirmé pour
guider les comportements et structurer l'action, à partir
d'exemples historiques comme l'esclavage ou l'inégalité
entre les hommes et les femmes.
4 - S'intégrer à
l'Europe, découvrir la francophonie, s'ouvrir au monde
Les
enseignants font découvrir l'Europe et développent la
curiosité de leurs élèves sur les pays de
l'Union européenne dans les séquences de géographie
et dans celles consacrées à l'apprentissage d'une
langue étrangère. Ils encouragent les contacts directs
(par correspondance ou courrier électronique) avec d'autres
classes d'enfants européens. De la même façon,
l'élève apprend l'existence d'une communauté de
langues et de cultures, la francophonie, qui constitue un pont entre
le territoire national et le monde. Il observe le rôle que joue
aujourd'hui la monnaie unique : l'euro.
À travers la
géographie, l'élève prend conscience du
caractère mondial de nombreux problèmes économiques
ou culturels, il perçoit les grandes inégalités
entre régions du globe et, donc, les solidarités
nécessaires. Il découvre que la Convention
internationale des droits de l'enfant de 1989 est loin d'être
appliquée dans plusieurs pays, en particulier en ce qui
concerne le travail des enfants de son âge. Par les sciences,
il mesure les menaces qui pèsent sur l'environnement et la
responsabilité de chacun.
Enfin, l'éducation
artistique et littéraire montre comment l'artiste et
l'écrivain, témoins de leur temps et de leur société,
sont aussi porteurs de valeurs universelles : l'attachement légitime
à un groupe, un pays, une culture, n'est donc pas incompatible
avec l'ouverture au monde.